Pourquoi on fait toujours des villes decors, et pas des villes habitées ? Si on prevoyait les villes pour des gens qui n'habitent nulle part, elles auraient vraiment cette tronche là ? Tu vois c'est comme si tu te demandais "si on faisait trois metres de haut, est ce que nos villes irl auraient cette tête ?"

Casser les décors de façade en ajoutant des intérieurs de maison, j'pense pas que ce soit la solution. Les intérieurs c'est mignon, mais si les joueurs n'ont rien à faire dedans, est ce que ça change vraiment les choses ? C'est un décor plus profond, mais ça reste un décor. Ces maisons, elles abritent personne. les avatars ne dorment pas.

J'ajouterai que les routes sont inutiles aussi quand les avatars se téléportent, une possibilité dans pas mal de jeux.

Pour moi toutes ces villes, ce ne sont pas des villes de mmo, les joueurs n'utilisent pas vraiment ces villes, leurs personnages n'habitent pas dedans. Tu peux lier ton personnage à une guilde ou à un royaume, mais à une ville, une demeure ? Tu fais quoi à part traverser cette ville pour rejoindre quelques points et pnjs stratégiques disséminés dedans ? Et s'ils étaient en pleine campagne ça changerait vraiment les choses ? Décors morts.

On essaie de rendre les villes plus réalistes en ajoutant des points interactifs et en réfléchissant aux trajets probables des joueurs, mais je ne sais pas si c'est le bon procédé, "comment donner une âme à cet ersatz de ville irl ?" au lieu de "comment faire une ville de mmo qui ne soit pas un ersatz de ville de mmo".

Je pense que ça se sent sans se savoir. Comme d'être habillés avec des fringues en tissu merdique, on s'en rend pas compte, mais ça s'use plus vite, c'est moins joli à l'usage, finalement c'est enlaidissant.

Ça va peut être sembler horriblement rigide, mais pour moi la création ça s'épanouit à partir d'un cadre. Et ce cadre il est fait de deux choses : l'énumération des contraintes et l'objectif. De là, on peut réfléchir à une thématique, qui deviendra un parti-pris. De ce parti-pris, on peut faire des recherches sur l'existant. De ces recherches, on peut tirer des principes généraux et des conseils, erreurs à éviter.. Et là, on peut enfin mettre de l'esprit et du bon sens dans des propositions. D'abord des propositions tordues, puis on les affine et on les fait de plus en plus concrètes. Enfin on choisit les meilleures et on les prototype, puis on les valide et on les réalise.

C'est ce que j'ai appris à faire en arts appliqués, ça influence tout mon travail et ma façon de penser : savoir ce que je veux faire et quelles sont les conditions à respecter pour y parvenir, y ajouter une valeur et une démarche, rechercher l'expérience et l'inspiration de ce que les autres ont fait avant moi, proposer puis décliner, itérer, valider, produire. Ça marche aussi bien coté création que dans la vie courante, et ce n'est finalement pas tellement strict, ça s'adapte, ça devient une sorte d'instinct quand on en a besoin, c'est à l'arrière-plan quand on ne fait que s'exprimer librement. J'aime cette façon d'envisager, à la fois déterminée, qui pousse à la découverte de soi et des autres, au dialogue, à l'imagination. On a un objectif et on apprend et on échange et on s'éclate, et on touche au but.