Oct 22
[Review] Mobile Suit Gundam 0080 : War in the Pocket
Ayant décidé de suivre l’ordre chronologique de l’histoire et non de suivre l’ordre de diffusion des différents Gundam (ouais bon, à peu près, c’est plus “j’avais envie de voir ça” qu’autre chose), j’enchaine donc de Zeta Gundam à ces 6 OVA. L’histoire se passe en UC 0079 comme le nom ne l’indique pas, soit l’année qui suit le début de Gundam premier du nom. Ce sont les premières OVA dans l’histoire de Gundam si l’on oublie SD Gundam qui ne fait pas vraiment partie de l’histoire. Elles ont été réalisées pour fêter le 10e anniversaire de la franchise et prennent le parti de se concentrer sur un enfant qui n’est pas un newtype ni un militaire et qui ne pilotera pas de mécha : un enfant normal en somme. D’ailleurs, la série ne montrera aucun newtype, on se concentrera sur les oldtypes qui forment encore la majorité de la population (on a tendance à l’oublier dans cette saga).
Je n’ai pas vraiment pour habitude de parler des réalisateurs dans mes articles (c’est sûrement un tort) mais 0080 a été le premier Gundam réalisé par un autre que le créateur original de l’histoire : Yoshiyuki Tomino. 0080 a donc été réalisé par Fumihiko Takayama qui il a travaillé sur Bubblegum Crisis, RahXephon et Sword of a Stranger entre autre. L’important est surtout la différence de réalisation. Comme dit précédemment, on suit pour la première fois un personnage qui ne sera pas un pilote exceptionnel en raison de ses compétences de newtype mais un jeune garçon élevé sur une colonie neutre, fan de méchas et de leurs pilotes, qui va découvrir assez violemment et à ses dépends la réalité et l’horreur de la guerre. Outre ce changement de point de vue, on remarque aussi des graphismes très différents (et à mon goût, plutôt moches) des séries précédentes. Le character design a été réalisé par Haruhiko Mikimoto, connu pour son travail sur Macross, mais le passage à l’animation a fait perdre beaucoup de charme aux personnages. On constate également une bien plus grande efficacité des armes des méchas. On peut ainsi voir un GM (un modèle de Gundam fait pour la production de masse) tomber après s’être pris 3 balles ou encore un Zaku détruit par 4 ou 5. On est loin de l’utilisation à outrance des fusils laser qui n’arrivent même pas à détruire un Zaku après lui avoir explosé littéralement une jambe et un bras dans le Gundam original (bon, ok, il était rouge donc il était mieux). Bref, le monde de 0080 est beaucoup plus mortel que dans les autres séries.
On suit donc l’histoire de Alfred Izuruha pendant la One Year War : Zeon est proche de la capitulation mais continue à résister aux assauts de la Fédération. La Fédération est d’ailleurs en train de développer une nouvelle version du Gundam, le RX-78NT-1 (nom de code : Alex) sur la colonie neutre de notre héros. Un groupe de soldats de Zeon est chargé de le détruire. Parrallèlement, on suit Bernard “Bernie” Wiseman, jeune officier de Zeon qui est assigné à l’équipe Cyclope dans le but de détruire le Gundam Alex. Cependant, Bernie va se faire repérer par Al et ce dernier va se comporter en petit frère fan et risquer bien souvent de compromettre leur opération. Bien que jeune, cependant, Al fera preuve d’une très grande capacité à inventer des mensonges crédibles rapidement et n’hésite pas pour cela à utiliser sa jeunesse à son avantage. Difficile d’en dire plus sans spoiler tout le charme de cette série mais on pourra voir très rapidement une amitié se forger entre Al et Bernie.
Le chemin du visionnage de tous les Gundams est parfois difficile (à l’heure où j’écris ces lignes, je suis en train de regarder le mouton noir de la série : ZZ mais j’en reparlerai *sigh*) mais War in the Pocket offre un petit moment de fraicheur au milieu de tous ces héros qui jouent leur vie pour leur gagne-pain. Suivre un enfant qui n’a qu’un rapport finalement assez lointain avec les combats est original et offre un point de vue nouveau sur la série : celui des gens qui subissent les actions des militaires. Le point de vue des civils est d’ailleurs vite abandonné dans la saga Gundam et on y reviendra pour Gundam 00 (~ 20 ans plus tard). On a donc l’occasion de voir les gens qui désapprouvent les combats proches de leurs lieux d’habitation, ceux qui ont tout perdu et ceux qui, comme le héros de l’histoire, sont en admiration devant les méchas et leur monstrueuses possibilités et les pilotes, élevés au rang de super star comme le sont les sportifs et les célébrités chez nous. On verra également que l’amour, c’est douloureux, encore plus quand on est dans l’armée (et pire encore si les deux ne sont pas dans le même camp). Malheureusement, on ne dispose que de 6 * 20 minutes pour exposer tout ça et on ne peut pas tout expliquer. La plupart des évènements marquant ne se refléteront que quelques secondes sur les visages des personnages secondaires. Mais si on est attentif à ce qu’il se passe en arrière plan, on se rend compte que 0080 – War in the Pocket est très bien réalisé et dispose d’une profondeur importante malgré sa petite durée. Mon prochain article concernera 08th MS Team qui est également une OVA réussie, comme quoi, les séries longues ne sont pas forcément meilleures.

